La tourmente du blues post-Erasmus : Bonjour, je m’appelle …

Sans probablement relever d’un état pathologique caractérisé, la morosité de l’étudiant à son retour dans son université d’origine est incontestablement normale, et c’est le lot réservé à tout «ex-Erasmus», n’est-ce pas ? Dans notre nouvelle série d’articles, le lecteur est convié à lire le récit du retour à la vie «normale» après une année en terre étrangère, fertile en évènements.

De Elinor Terry / 30.11.2016

Bonjour, je m’appelle Elinor et suis accro à l’étranger. Il y a tout juste un mois, je suis rentrée d’un séjour d’une année hors frontières et dois admettre éprouver des symptômes de sevrage. J’ai passé deux semestres universitaires à Berlin, à consommer de la bière, m’adonner au karaoké et rencontrer des gens les plus étranges qui soient dans le métro berlinois. Au cas où vous ne l’auriez pas deviné, cela me manque énormément. Depuis le mois dernier, me voilà replongée dans ma vie et mon université d’antan, avec mes anciens amis… Et je dois faire face à l’une des années les plus difficiles et les plus stressantes de mon cursus universitaire.

Rien de tel pour sombrer dans la déprime que d’avoir été arrachée aux trente degrés d’un été indien berlinois et de s’être retrouvée dans une ville, à l’apparence si familière et néanmoins étrangement différente. Pour de nombreux étudiants britanniques de retour, cet ajustement est rendu encore plus difficile par l’avalanche de travail de la dernière année avant le diplôme final et le stress de l’examen terminal qui approche à grand pas. Quant aux perspectives d’avenir qui s’amoncellent au-dessus de nos têtes tels des nuages menaçants, nous devons immédiatement redescendre sur terre et remplacer les voyages en Blabla cars et le Club Maté (boisson gazeuse caféinée) par des brochures de troisième cycle et des techniques propres aux entretiens d’embauche.

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Heureux souvenirs érasmusiens ! © Elinor Terry

Peut-être que je dramatise un peu : je vis dans une ville qui m’a hébergée pendant deux ans, avec deux filles extraordinaires, qui ont aussi été à l’étranger et qui savent ce que je suis en train de traverser. En outre, le temps passé à l’étranger m’aidera certainement dans mes perspectives professionnelles. J’ai également rencontré des quantités de nouveaux amis formidables à qui je pourrai toujours aller rendre visite quand je serai diplômée. D’ailleurs, pourquoi je passerais tant de temps à me focaliser sur les points négatifs, et puis suis-je seulement la seule dans mon cas?

Finalement, il n’y a qu’une seule question cruciale qui mérite toute mon attention. En tant qu’écrivain, j’ai toujours eu le sentiment que la meilleure façon d’aborder un obstacle quelconque était de le mettre par écrit et, tout doucement, après deux cents mots, les choses commençaient à s’éclaircir. De nos jours, quand il est question d’Erasmus, la contrainte de vivre «l’année parfaite à l’étranger» est souvent au centre des débats et, bien entendu, quand ce n’est pas le cas, un sentiment de culpabilité s’y associe. Mais qu’arrive-t-il quand l’année à l’étranger était parfaite, ou aussi proche de la perfection que vous l’auriez souhaitée ? Qu’arrive-t-il aux voyageurs qui reviennent et se sentent rejetés, alors qu’ils se sont créés un foyer et une famille dans un nouveau pays ? Les amis quittant leurs amies, ou les colocataires ne sachant pas s’ils se reverront un jour ? Ces émotions ne sont souvent guère prises en considération et nous en sommes rendus à les gérer nous-mêmes.

Heureusement, toutes ces questions pressantes, parallèlement aux émotions confuses, se retrouverons tout au long de cette série. J’ai hâte de commencer le cheminement qui me fera accepter mon blues post-Erasmus. J’espère également qu’en conversant avec les étudiants de retour de la communauté Erasmus, nous en viendrons à énoncer ensemble un antidote magique et ô combien utile dans les prochaines semaines.

[crp]

Auteure

Elinor Terry (Royaume-Uni)

Études : littérature allemande et anglaise

Langues : anglais et allemand

L’Europe est… supergeil, supergeil!

Illustratrice

Luzie Gerb (Allemagne)

Études : histoire de l’art, études de beaux-arts et culture comparées

Langues : allemand, anglais, suédois, français

L’Europe est… riche d’endroits magiques et des gens aux passionnantes histoires.

Site web : luzie-gerb.jimdo.com

Traductrice

Danielle Kramer (France)

Études / travail : langue anglaise, et participation et animation dans des associations consacrées à la diffusion des livres et à la pratique de la lecture.

Langues: français, anglais, hébreu, et allemand, japonais, russe et grec moderne élémentaires

L’Europe… c’est une mosaïque de langues et de cultures encore à découvrir.

Relectrice

Cécile Leducq (France)

Etudes/travail : Jeune fille au pair et étudiante en Langues étrangères

Langues: français, anglais, italien

L’Europe est… un lieu de partage et d’opportunité que l’on doit s’efforcer de préserver

Author: Anja

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